“Michael Jordan plays ball.
Charles Manson kills people.
I talk. Everyone has a talent.”

L'Arnacoeur

Histoire d'un briseur de couple professionnel, alias Romain Duris, accompagné de ces deux acolytes Julie Ferrier et François Damiens, L'Arnacoeur est très certainement la comédie française de ce premier trimestre 2010 qui s'impose sans trop de difficultés.

Scénaristiquement parlant, le film s'articule parfaitement autour de deux couples qui évoluent dans des genres différents : l'un plutôt comique, l'autre plutôt romantique. La mise en scène de Pascal Chaumeil dont c'est le premier long métrage est impeccable de maîtrise et de fluidité. Sans aucune lourdeur ou presque, le film séduit par son originalité, ses gags ainsi que par le charme d'une Vanessa Paradis plus sensuelle que jamais.

Voilà une oeuvre qui fait plaisir à voir et à revoir dans un cinéma français pas toujours très glamour ces derniers temps.


In the mood: Paris


In the mood: Les Poupées Russes


« C'est ça Paris…

Personne n'est jamais content. On râle, on aime ça. »

Fidèle à sa ville, fidèle à ses acteurs, Cédric Klapisch présentait il y a quelques semaines son Paris, l'un des projets les plus attendus du cinéma français en ce début d'année.

Au vu de ses précédents succès, je reconnais que j'attendais beaucoup du dernier Klapisch. Trop apparemment, à tel point que la bande-annonce seule m'avait fait entrevoir un Le Temps qui reste, moins excessif certes, mais sur une trame similaire à la sauce Klapisch. Evidemment, déception : non pas que ça ne m'ait pas plu mais je me suis littéralement fait dominer par mes attentes, me faisant ainsi passer complètement à côté du film. J'y suis donc revenu une deuxième fois, l'esprit libéré de tout ça, prêt à reconsidérer le film.

Paris, c'est finalement un drame relativisé par l'aura d'une ville. De tous les films de Klapisch que j'ai vus, celui-ci est certainement celui avec la plus grande portée dramatique mais malgré ça, on retrouve le style propre au réalisateur, la fascination pour Paris, ses personnages, leurs destins.

Une « histoire de personnages » avait annoncé Klapisch. En effet, au travers d'une demi-douzaine de trames animées par un casting des plus prestigieux, les histoires se croisent avec plus ou moins de profondeur, parfois par un simple regard. Ceci dit, je ne considère par Paris comme un film choral justement par que ces histoires ont une certaine indépendance, parfois même, j'aurais aimé en voir quelques unes plus largement développées.

Il y a un truc qui m'a toujours fasciné chez Klapisch, c'est sa manière de filmer une ville dans tout son côté social et relationnel pour ensuite faire vivre ça dans ses films. Et encore une fois, Paris n'y échappe pas. Outre cela, dans Paris, j'ai été en extase totale avec toute la trame principale, celle de Romain Duris et de Juliette Binoche, dans cet appartement très lumineux, d'un vert très sombre. Leurs réflexions réciproques, leur questionnement sur la vie, sur Paris, leur relation de frère et soeur m'ont vraiment donné envie d'en voir davantage.

Finalement, ce Paris-là regorge de tout ce qui fait de Klapisch l'un des réalisateurs français les plus plébiscités du cinéma populaire français. C'est loin d'être parfait mais on prend du plaisir à suivre la plupart de ses personnages.