Dieu est un fils de pute. Un jour, je le tuerai.

Fort de sa carrière dans la police criminelle puis antiterroriste à laquelle il a mis un terme pour se consacrer depuis quelques années au cinéma, Olivier Marchal est plébiscité pour sa connaissance du milieu de la police et donc pour la qualité de sa mise en scène de ce même milieu.

Il livre en 2004 son 36 Quai des Orfèvres, un polar noir basé sur une histoire vraie et mettant face à face Daniel Auteuil et Gérard Depardieu. Il récidive en 2008 avec MR 73, du nom de l'arme de service longtemps utilisée par la police française. Carrément plus noir que 36 autant dans la photo que dans l'écriture, Olivier Marchal fait le choix d'une image très sombre dans une Marseille presque quasiment dénuée de couleurs et lourde en contraste. Paradoxalement, le résultat obtenu a tendance à mixer des projections dans un passé et un futur proche, dans un environnement dominé par la malsainitude et la sensation permanente d'étouffement.

Bien qu'assez friand de ce genre d'effets stylistiques, je le trouve parfois utilisé à outrance tendant même vers des plans en noir et blanc. L'écriture engendre un contenu plus bordélique avec l'impression de stop & go tuant toute rythmique naissante, chose que ni les acteurs ni les dialogues bien fournis en répliques qui se veulent pêchues n'arrivent à rattraper.