“Michael Jordan plays ball.
Charles Manson kills people.
I talk. Everyone has a talent.”

Jean-Michel Berts à Bercy Village

Une exposition assez remarquable se tient depuis le 14 mai 2008 et jusqu'au 3 septembre prochain à Bercy Village (Cour Saint-Emilion) à Paris.

Il s'agit d'une série de clichés de villes (Venise, New York, Paris entre autres) de Jean-Michel Berts réalisées avec une technique bien particulière expliquée sur son site.

Il y a, dans chaque image, le raccourci de l’histoire de la ville, et comme une suggestion de son avenir ; elles sont lourdes des populations qui ont hanté ou hanteront ces lieux, et cette présence est d’autant plus sensible qu’aucun personnage ne vient déranger, de façon anecdotique, l’équilibre miraculeux de la composition de pavé, de ciel, de bâti ou de végétation. S’il n’y a pas âme qui vive dans ces photographies, c’est qu’elles sont prises aux premières lueurs de l’aube ou à la dernière lumière du crépuscule. Ainsi, l’artiste est seul et ces images baignent dans une lumière surréelle d’apparition.

La richesse et la densité des photographies de Berts proviennent aussi de sa technique : il utilise une chambre Norma, de marque Sinar et un film Kodack, qui n’est plus commercialisé (technical pan), qu’il développe avec le révélateur Technidol, conçu spécialement pour ce film dont il exalte la finesse du grain. Jean-Michel Berts a repris et réadapté la vieille méthode d’Ansel Adams, le « zone system ». Son temps d’exposition varie de 9 secondes à 10 minutes, et le principe consiste à combiner la surexposition des négatifs et leur sous développement, ce qui permet d’avoir un négatif très riche, aussi bien dans les noirs que dans les blancs.


Taken ou Liam Neeson, le râtisseur de cervicales

Il fut un temps où j'assistais régulièrement aux avant-premières de l'UGC Bercy, la plupart étant celles de films français. On a quand même pu voir ces 5 dernières années, des avant-premières moins frenchies comme celle de Harry Potter and the Order of the Phoenix, de The Interpreter ou encore celle d'hier soir de Taken où Liam Neeson, Luc Besson (scénario et production) et Pierre Morel (réalisation) faisaient honneur de leur présence.

J'avoue que j'avais oublié les grands classiques de ces soirées : séances d'autographes, séances photos "Liiiiiiiiiiiam here ! Here ! Here!", interviews TV "C'est qui la blonde avec Neeson ?" et… 45 minutes de retard sur l'heure de projection. Bref, ça commençait fort…

Hier soir, pas besoin de l'habituel animateur UGC pour présenter l'équipe, Luc Besson s'en est chargé. Quelques minutes de blabla après, place au film : Taken.

Le scénario aurait pu être intéressant s'il n'était pas aussi gnangnan, particulièrement autour de la fille du personnage joué par Liam Neeson. Hormis cela et la séquence introductive, les scènes d'action s'enchaînent avec du pétage de bras et de cervicales albanais. C'est énormément de déjà-vu, à l'exception d'une ou deux scènes : je pense notamment à l'enlèvement ainsi qu'à la course-poursuite en Audi à la fin dont le style ne m'a pas paru étranger. Bourne. Dans cette scène de course en particulier mais également dans d'autres scènes d'action plus conventionnelles, c'est caméra à l'épaule façon nerveuse. Heureusement, il manque le plus important, le réalisme des scènes.

Beaucoup de déjà-vu donc et pas grand chose à retenir de ce film à la suite duquel j'espérais un débat avec le réalisateur comme il y en a parfois. J'ose encore espérer revoir un jour un Luc Besson réalisateur à la hauteur de ce qu'il a été entre 1988 et 1995 mais en attendant, on se coltine les films de sa boîte de production, EuropaCorp.


Paris, June 14th 2007

A Bercy ce jour-là avait lieu le premier concert Daft Punk en France depuis 10 ans et l'unique en France parmi leur tournée mondiale. Bien qu'ayant été au courant de ce concert suffisamment tôt pour obtenir des places, j'ai fini par abandonner l'idée, convaincu que j'aurais l'occasion d'écouter leur prestation par la suite.

La semaine qui a suivi le concert sont apparus sur le Web tout plein de médias du concert dont une version audio intégrale du concert et des vidéos des différentes parties. Le visionnage de quelques unes de ces vidéos a suffi pour me faire profondément regretter de ne pas y avoir assister. Un channel dédié à Alive 2007 et regroupant une grande partie de ces vidéos est disponible sur YouTube.

Dans une interview donnée à A Nous Paris par Thomas Bangalter à propos de leur spectacle :

On essaie toujours d'arriver avec des nouveaux projets, des choses qui nous motivent tous les deux. Pour avancer, il nous faut ce challenge. Il y a dix ans, pour la scène, on se contentait de poser notre matériel sur des tables, et puis on jouait ; c'était de l'improvisation totale, avec zéro lumière et zéro mise en scène ! Par rapport aux concerts des autres, on s'est posé des questions : qu'est-ce qu'on aime, qu'est-ce qui manque, qu'est-ce qu'on aimerait voir ?... Ce qu'on cherche à produire, c'est un condensé d'énergie entre la musique, les images et les couleurs. Il y en a beaucoup pour les oreilles, mais aussi pour les yeux.

Dans cette même interview format papier, Thomas Bangalter annonçait qu'il n'y aurait probablement pas de DVD Alive 2007 pour la simple et bonne raison que des milliers de vidéos étaient déjà en ligne et qu'il revenait au public de s'approprier le spectacle. Dommage pour un concert où son et lumière jouaient parts égales.