“Michael Jordan plays ball.
Charles Manson kills people.
I talk. Everyone has a talent.”

And the Oscar 2008 goes to…

La cérémonie des Oscars 2008 se déroulait cette nuit au Kodak Theatre à Hollywood et pour la deuxième année consécutive, je n'ai pas pu la suivre pour cause de boulot le lendemain.

Bref, le palmarès reste finalement assez convenu et conforme aux pronostics vus un peu partout sur la toile, le grand gagnant de la soirée étant le film des frères Coen, No Country For Old Men (meilleur film, meilleur second rôle masculin pour Javier Bardem, meilleure réalisation, meilleur scénario adapté). Son concurrent direct, There Will Be Blood, assure la meilleure photographie et le meilleur acteur masculin avec Daniel Day-Lewis.


Daniel Day-Lewis, Tilda Swinton, Marion Cotillard, Javier Bardem

On citera également la récompense de Marion Cotillard pour sa performance dans La Môme, de Juno en meilleur scénario original, de Atonement pour la bande originale, de Once pour l'excellente chanson originale Falling Slowly, de Ratatouille, leader incontesté de sa catégorie, et enfin, les trois récompenses techniques de The Bourne Ultimatum dont le très prisé "Best Achievement in Editing" Oscar.

Comme je le disais plus haut, pas de réelles surprises dans les catégories principales. Côté technique, on n'oubliera pas de remarquer le vol, LE VOL, de The Golden Compass qui s'octroie l'Oscar des meilleurs effets spéciaux au détriment de Transformers

Voilà, sinon, il paraît que la cérémonie était classe.


« C'est ça Paris…

Personne n'est jamais content. On râle, on aime ça. »

Fidèle à sa ville, fidèle à ses acteurs, Cédric Klapisch présentait il y a quelques semaines son Paris, l'un des projets les plus attendus du cinéma français en ce début d'année.

Au vu de ses précédents succès, je reconnais que j'attendais beaucoup du dernier Klapisch. Trop apparemment, à tel point que la bande-annonce seule m'avait fait entrevoir un Le Temps qui reste, moins excessif certes, mais sur une trame similaire à la sauce Klapisch. Evidemment, déception : non pas que ça ne m'ait pas plu mais je me suis littéralement fait dominer par mes attentes, me faisant ainsi passer complètement à côté du film. J'y suis donc revenu une deuxième fois, l'esprit libéré de tout ça, prêt à reconsidérer le film.

Paris, c'est finalement un drame relativisé par l'aura d'une ville. De tous les films de Klapisch que j'ai vus, celui-ci est certainement celui avec la plus grande portée dramatique mais malgré ça, on retrouve le style propre au réalisateur, la fascination pour Paris, ses personnages, leurs destins.

Une « histoire de personnages » avait annoncé Klapisch. En effet, au travers d'une demi-douzaine de trames animées par un casting des plus prestigieux, les histoires se croisent avec plus ou moins de profondeur, parfois par un simple regard. Ceci dit, je ne considère par Paris comme un film choral justement par que ces histoires ont une certaine indépendance, parfois même, j'aurais aimé en voir quelques unes plus largement développées.

Il y a un truc qui m'a toujours fasciné chez Klapisch, c'est sa manière de filmer une ville dans tout son côté social et relationnel pour ensuite faire vivre ça dans ses films. Et encore une fois, Paris n'y échappe pas. Outre cela, dans Paris, j'ai été en extase totale avec toute la trame principale, celle de Romain Duris et de Juliette Binoche, dans cet appartement très lumineux, d'un vert très sombre. Leurs réflexions réciproques, leur questionnement sur la vie, sur Paris, leur relation de frère et soeur m'ont vraiment donné envie d'en voir davantage.

Finalement, ce Paris-là regorge de tout ce qui fait de Klapisch l'un des réalisateurs français les plus plébiscités du cinéma populaire français. C'est loin d'être parfait mais on prend du plaisir à suivre la plupart de ses personnages.


Taken ou Liam Neeson, le râtisseur de cervicales

Il fut un temps où j'assistais régulièrement aux avant-premières de l'UGC Bercy, la plupart étant celles de films français. On a quand même pu voir ces 5 dernières années, des avant-premières moins frenchies comme celle de Harry Potter and the Order of the Phoenix, de The Interpreter ou encore celle d'hier soir de Taken où Liam Neeson, Luc Besson (scénario et production) et Pierre Morel (réalisation) faisaient honneur de leur présence.

J'avoue que j'avais oublié les grands classiques de ces soirées : séances d'autographes, séances photos "Liiiiiiiiiiiam here ! Here ! Here!", interviews TV "C'est qui la blonde avec Neeson ?" et… 45 minutes de retard sur l'heure de projection. Bref, ça commençait fort…

Hier soir, pas besoin de l'habituel animateur UGC pour présenter l'équipe, Luc Besson s'en est chargé. Quelques minutes de blabla après, place au film : Taken.

Le scénario aurait pu être intéressant s'il n'était pas aussi gnangnan, particulièrement autour de la fille du personnage joué par Liam Neeson. Hormis cela et la séquence introductive, les scènes d'action s'enchaînent avec du pétage de bras et de cervicales albanais. C'est énormément de déjà-vu, à l'exception d'une ou deux scènes : je pense notamment à l'enlèvement ainsi qu'à la course-poursuite en Audi à la fin dont le style ne m'a pas paru étranger. Bourne. Dans cette scène de course en particulier mais également dans d'autres scènes d'action plus conventionnelles, c'est caméra à l'épaule façon nerveuse. Heureusement, il manque le plus important, le réalisme des scènes.

Beaucoup de déjà-vu donc et pas grand chose à retenir de ce film à la suite duquel j'espérais un débat avec le réalisateur comme il y en a parfois. J'ose encore espérer revoir un jour un Luc Besson réalisateur à la hauteur de ce qu'il a été entre 1988 et 1995 mais en attendant, on se coltine les films de sa boîte de production, EuropaCorp.