Une exposition assez remarquable se tient depuis le 14 mai 2008 et jusqu'au 3 septembre prochain à Bercy Village (Cour Saint-Emilion) à Paris.

Il s'agit d'une série de clichés de villes (Venise, New York, Paris entre autres) de Jean-Michel Berts réalisées avec une technique bien particulière expliquée sur son site.

Il y a, dans chaque image, le raccourci de l’histoire de la ville, et comme une suggestion de son avenir ; elles sont lourdes des populations qui ont hanté ou hanteront ces lieux, et cette présence est d’autant plus sensible qu’aucun personnage ne vient déranger, de façon anecdotique, l’équilibre miraculeux de la composition de pavé, de ciel, de bâti ou de végétation. S’il n’y a pas âme qui vive dans ces photographies, c’est qu’elles sont prises aux premières lueurs de l’aube ou à la dernière lumière du crépuscule. Ainsi, l’artiste est seul et ces images baignent dans une lumière surréelle d’apparition.

La richesse et la densité des photographies de Berts proviennent aussi de sa technique : il utilise une chambre Norma, de marque Sinar et un film Kodack, qui n’est plus commercialisé (technical pan), qu’il développe avec le révélateur Technidol, conçu spécialement pour ce film dont il exalte la finesse du grain. Jean-Michel Berts a repris et réadapté la vieille méthode d’Ansel Adams, le « zone system ». Son temps d’exposition varie de 9 secondes à 10 minutes, et le principe consiste à combiner la surexposition des négatifs et leur sous développement, ce qui permet d’avoir un négatif très riche, aussi bien dans les noirs que dans les blancs.